J’écris pourtant

Sous le titre « J’écris pourtant », emprunté au poème « Une lettre de femme » qui ouvre le recueil des Poésies inédites (1860), notre bulletin propose des études originales, documents et informations pour une meilleure connaissance de Marceline Desbordes-Valmore.

Outre l’éditorial, les informations sur la vie de l’association, les actualités et la bibliographie récente, chaque numéro comporte 
– une rubrique Écrits de MDV, présentant un ou des textes inédits, difficiles d’accès ou lus selon une approche renouvelée ;

– un Dossier thématique
– une rubrique Critiques, donnant un ou des textes critiques (ou hommages, lectures, réécritures…) passés, récents ou contemporains 

Images et portraits, une rubrique consacrée aux représentations de Marceline Desbordes-Valmore.

Responsable

Christine Planté

Comité de rédaction

Fabienne Bercegol, Aimée Boutin, Pierre-Jacques Lamblin, Christine Planté, Jean Vilbas

Le bulletin est servi gratuitement aux membres de la SEMDV. Il peut être acheté au numéro au prix de 15 €. Après 18 mois, les anciens numéros seront consultables sur le site de l’association.

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Sommaire du numéro en cours

J’écris pourtant n° 4, 2020
Hors-série « Marceline Desbordes-Valmore poète »

Commander en ligne au prix de 20€

Avant-propos
Christine Planté

Introduction
Pierre Loubier & Vincent Vivès

Un héritage flottant : l’élégie selon Marceline Desbordes-Valmore
Stéphanie Loubère
La réputation de poète autodidacte de Marceline Desbordes-Valmore a parfois incité à lire son œuvre comme une comète apparue dans le ciel littéraire de son siècle. Sans filiation identifiée ni héritage distinct, son œuvre semble flotter dans un entre-deux critique qui a pu expliquer sa relégation dans les marges de l’histoire littéraire. Or, la lecture de son œuvre nous révèle que cette voix n’a rien de solitaire : elle est porteuse d’un héritage dont on peut identifier les contours, autour duquel s’élabore un ethos concerté et qui participe d’une ambition poétique originale.

« Sommeil ! affreux miroir ! », Poétique du songe dans les Poésies de 1830
Pierre Loubier
On se propose d’étudier les formes et les fonctions du songe dans les poèmes réunis dans le premier recueil (1830) pour déplier un vers inaugural et programmatique : « La tristesse est rêveuse. Et je rêve souvent ». La poète écrit des poèmes en rêve qui lui permettent d’explorer l’univers onirique et toutes ses ambivalences, liées à l’amour et au deuil, dans le cadre de l’idylle, de l’élégie puis de la romance. Plaisirs et souffrances se mêlent dans un chant de la cigale comme ritournelle cathartique.

Une lecture de Marceline Desbordes-Valmore par Yves Bonnefoy
Patrick Née
À partir de la préface donnée en 1983 par Yves Bonnefoy aux Poésies, et suivant l’article de Christine Planté qui en a rendu compte dans Yves Bonnefoy et le XIXe siècle en 2000, Patrick Née développe en sept points les spécificités d’une lecture critique exemplaire : à propos de « l’enfance heureuse » entendue sur un plan intrapsychique, des liens œdipiens à la mère et au père, de la position de femme prise au sein de la poésie du siècle, d’une erreur biographique ne mettant en cause rien d’essentiel, du renoncement volontaire à l’art, de l’accès métaphysique à une présence incarnée, enfin de la situation de Marceline Desbordes-Valmore pour la postérité.

A rose is a rose is a rose (of Saadi)
Vincent Vivès
« Les roses de Saadi » à plus d’un titre construisent une poétique radicale : recomposant et décomposant la figure du poète persan, déplaçant la circonstance religieuse vers une circonstance lyrique, elles témoignent d’une voie qui dissémine références, traits, autorités, afin de déployer un art du dire qui témoigne de la ténuité du sentiment jusque dans le tremblement du sens. Si « Les roses de Saadi » peuvent à bon droit passer pour un très grand poème, c’est peut-être parce qu’elles font l’expérience de l’abandon auquel le langage écrit peut ouvrir, dès lors qu’il cherche dans la fragilité et l’instabilité du souffle et de la respiration à rédimer les lois de la représentation que le concept régit.

Marceline Desbordes-Valmore créolisée et créolisatrice. Décolonisation et préciosité dans « Chanson créole » (1819)
Deborah Jenson
Une des innovations marquantes de la poésie de Marceline Desbordes-Valmore est une ambiguïté grammaticale qui permet la circulation de potentialités multiples en ce qui concerne les identités et la relation qu’un lecteur pourrait construire autour d’elles. Cet article explore cet enjeu dans son poème en pseudo-créole, « Chanson créole », par rapport à la valorisation de la grammaire de Roman Jakobson et Édouard Glissant. « Chanson créole » démontre à la fois la potentialité relationnelle et même “décolonisatrice” de la poésie de Desbordes-Valmore, et des limites à l’interprétation émancipatrice de son œuvre.

Les opérations obliques de Marceline Desbordes-Valmore
Jean-Patrice Courtois
Partant de la métaphore de l’oreiller comme structure d’amortissement, du coup reçu comme du coup donné, l’article dégage sa valeur pour la poétique de Marceline Desbordes-Valmore. L’image qui s’enracine dans l’opposition sociale des riches et des pauvres fournit aussi un modèle d’analyse pour l’écriture même. Les renversements de points de vue, le jeu savant des rimes, la valorisation des « petits mots » de la grammaire, les refrains à variation peuvent être considérés comme des formes de l’amortissement poétique. Ainsi dans « Un arc de triomphe », le jeu entre les mots monument et bâtiment règle les déplacements du poème ; dans « À M. A.L. » sur la répression des Canuts, le « J’étais là » règle la question du point de vue et régit la mise en mouvement. Ces micro-déplacements font chez Desbordes-Valmore de l’art du déplacement aussi un art de l’emplacement.

Marceline Desbordes-Valmore et l’hendécasyllabe. Imaginaire métrique et mémoire sonore
Christine Planté
L’article analyse l’usage de l’hendécasyllabe dans le « Rêve intermittent d’une nuit triste » et « La fileuse et l’enfant » et propose des hypothèses sur sa généalogie. Sans écarter l’héritage d’une culture savante ni l’imaginaire métrique associé à Sapho, Dante et la poésie de la Renaissance, il envisage ce mètre dans sa proximité avec le décasyllabe et l’alexandrin, mais aussi comme une combinaison de vers courts, proches de vers chantés. Desbordes-Valmore en puisant dans une mémoire sonore où se mêlent librement traditions savantes et non-canoniques, desserre les contraintes métriques, sans programme de contestation explicite, mais dans une pratique assumée qui constitue une étape importante dans la sortie de l’alexandrin.

« Il est des tons plus graves ». Formes de l’engagement chez Marceline Desbordes-Valmore
Yohann Ringuedé
Cet article étudie les répercussions des choix de versification sur les poèmes sociaux de Desbordes-Valmore. Si la forme populaire semble la plus à même de rendre sensible la prière des faibles, la poétesse prend également voix pour eux et déploie une poétique solennelle, mêlant les accents de l’épopée, de l’élégie et de la prière, afin de chercher à rendre compte des plus cruelles injustices. Elle réunit ainsi habilement « flûte et cor » (selon les mots de Verlaine) dans un but commun.

« La compétence vraie bien que féminine » de Marceline Desbordes-Valmore
Aurélie Foglia
Aux yeux des critiques (masculins) de son temps, quel genre de poésie incarne Marceline Desbordes-Valmore ? Et si la poésie qu’elle écrit est bien de sexe féminin, quelles en sont les implications en termes de poétique ? Dans une entreprise de relecture qui prend le parti de l’écoute plutôt que de l’éreintage, cette critique d’écrivains contemporaine ou un peu postérieure ausculte ce corpus dans la conscience explicite de sa différence et tâche, au prix de certaines contradictions, de rendre ce mundus muliebris qui lui est propre tout en le repensant dans le mouvement romantique dont il émane.

L’obscur destinataire. Les échos de la poésie de Marceline Desbordes-Valmore en Russie
Ekaterina Belavina
L’œuvre de Desbordes-Valmore n’a pas encore été traduite en russe dans sa totalité, mais sa réception a connu une longue histoire. Desbordes-Valmore était connue en Russie dans les années 30 du XIXe siècle. La traduction n’était pas nécessaire, elle était lue en original. Parmi ses lecteurs illustres nous pouvons citer les poètes Pouchkine et Lermontov. Les élégies de Desbordes-Valmore ont été l’une des sources d’inspiration de la Lettre de Tatiana tirée du roman en vers Onéguine de Pouchkine. Au XXe siècle, Desbordes-Valmore était admirée par les poètes Pasternak et Tsvetaeva.

Documents

« Les séparés », manuscrit autographe présenté par Christine Planté

Une version manuscrite du poème « Marceline Desbordes-Valmore » de Paul Verlaine présentée par Christine Planté

Une élégie apocryphe de Marceline Desbordes-Valmore présentée par Alain Chevrier

Déjà parus

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