Les Roses de Saadi

« Les Roses de Saadi », Poésies inédites, 1860, Gallica

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir.

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Ce poème, un des plus célèbres de Marceline Desbordes-Valmore a paru pour la première fois dans la section « Amour » des Poésies inédites de 1860. On n’en possède pas d’état manuscrit.

Il doit sans doute sa célébrité à sa brièveté, à une composition très savante sous son apparente simplicité, et à des images dans lesquelles on a trop souvent voulu ne voir que l’expression d’une sensualité féminine.

Le poème s’inspire d’un apologue du poète persan Saadi, dans lequel la robe est celle d’un sage, le poète rapportant une expérience mystique.